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Shimoseka, un reflet de la culture japonaise ?

Au milieu des sorties anime de cet été, il en est un plus particulier que les autres. Qui pousse à une réflexion qui va plus loin qu'un simple dessin animé et qui, si on connaît un minimum l'histoire et la culture du japon apparaît comme étrangement similaire bien qu'un peu grossi. Et pour le Geek Club, on revient dessus pour vous.

Nous faisions le constat dans notre deuxième numéro que l'animation japonaise était dans une phase de déclin car un manque d'originalité touchait l'industrie, que ce soit au niveau des scénarios que des personnages.

Pourtant de temps à autre, un ou deux animes sortent vraiment du lot. Et c'est le cas de celui dont nous allons parler : Shimoneta to iu gainen ga sonzai shinai taikutsu na sekai.

Derrière ce nom à rallonge, que l'on peut traduire par "Shimoneta: un monde ennuyeux où le concept des blagues salaces n'existe pas", se cache un anime un brin WTF mais qui se révèle avoir un point de vue assez juste sur la place qu'a ou pourrai avoir la censure dans la culture japonaise.

Parlons un peu de l'histoire, donc. Celle-ci prend place dans un Japon un peu différent de celui qu'on connait puisque suite à l'application de la « Loi au maintien à l’ordre public et de la morale pour le développement de la jeunesse » 16 ans auparavant, les objets obscènes, le langage grossier ou les situations jugées indécentes en public sont interdites dans tout le pays et chaque manquement à cette loi entraîne de lourdes sanctions. Tout ceci, bien sur, dans le but de rendre le pays plus "pure". Et dans ce monde pas très fun on suit le SOX, une bande "d'ero-terroristes" qui refusent la censure et dont la chef refuse de vivre dans un monde où on n'a pas le droit de faire la moindre blague de cul.

La censure (surtout en matière d’érotisme et de pornographie) fait partie de la culture du Japon et ce, depuis près de 150 ans (ère Meiji). A cette époque, le gouvernement Japonais pensait qu'une sexualité étalée pouvait être vue comme un signe de régression par les pays Européens. C'est pourquoi, toute imagerie sexuelle (livre, tableaux, sculpture...), plutôt en vogue, fut interdite ou bien censurée. Et c'est toujours le cas aujourd'hui puisqu'il est toujours obligatoire de cacher les parties génitales et les poils pubiens dans les films, les revues et les mangas, pornographiques ou non. Et si vous jetez un oeil sur le site des douanes Japonaises vous verrez qu'il est interdit de faire entrer dans le pays "livres, dessins, sculptures, et tout autre article qui peut nuire à la sécurité ou la moralité publiques". Plutôt stricte, non ?

Pour en revenir à Shimoseka, l'anime n'est pas une critique du système de censure mais plutôt une ouverture sur les dérives que pourrait entraîner une censure trop importante. On est même à la limite d'une dictature, avec sa police secrète, ses appareils de contrôle et son obscurantisme puisque la méthode pour faire des enfants a été cachée.

Mais l'anime est là également pour montrer l'inutilité de telles méthodes puisque tous les élèves du lycée des héros ont les hormones complètement en folie devant la moindre image sexuelle (même un coït de mouches).

Pour finir, c'est un anime un peu ovni, complètement WTF mais extrêmement drôle. De plus, les images et les paroles obscènes sont également censurées dans l'anime lui-même (avec des images ou des bruits comiques) pour créer une mise en abîme géniale. Comme si on faisait nous aussi partie de cet univers si particulier. Et il propose de nous faire réfléchir sur une autre culture mais aussi sur celle de notre pays, ce qui d'habitude est plutôt réservé aux longs métrages d'animation japonaise. Donc, pour toutes ces raisons vous vous devez de jeter un œil et même les deux sur Shimoseka.

STAFF
Notre peuple vaincra

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