Review : Attack the block


Si vous ne faites pas partie des 19 000 spectateurs (seulement) qui ont réussi à trouver une copie d’Attack the block dans les salles en juillet dernier, et que vous avez patienté 7 inacceptables mois sans le télécharger, vous serez récompensé par un DVD/Blu-ray qui mérite amplement sa place dans votre médiathèque perso. Pour pitcher le film, la réponse courte serait : “Un Goonies briton où l’on jure plus que de raison”. Car à la différence d’un Spielberg globalisé, ici welcome to the Ends, les quartiers de South London. Cet ancrage local, britannique, avec son langage (“hey fam !”), sa mixité sociale, sauve littéralement le film de l’anonymat. Un charme indéniable que l’on droit à l’homme de l’ombre d’Edgar Wright, Joe Cornish, ici scénariste et réalisateur. Sans oublier la présence charismatique d’un Nick Frost séparé de son jumeau Dupont (Simon Pegg) dans un Tintin co-écrit par… Joe Cornish. Oui, c’est bien une histoire de bande, à l’écran comme derrière, qui donne à l’ensemble sa cohérence.
L’autre réussite d’Attack the block est sa leçon d’économies, au sens premier, car la production s’en tire à merveille avec un budget -disons moyen- de 13 millions d’euros. À aucun moment, le film n’essaye de trop en faire, de péter plus haut son Q. Les cascades en BMX ou en scooter de livreur sont sincères, comprenez ici “minables”, et donc vraies. Le plus casse-gueule, le chara design des créatures, se révèle une bonne leçon d’ingéniosité, revendiquant son statut de “less is more”, et assumé en une réplique dans le film (“ces trucs sont plus noirs que noir”). Fun mais “pas que”, Attack the block réussit le pari d’un teen movie adulte, ne prenant ni ses lascars d’acteurs, ni ses spectateurs pour des benêts.
D.B. 

Note : 72 %

Attack the block
Réal. : Joe Cornish
Comédiens : John Boyega, Jodie Whittaker, Nick Frost…
Éditeur : Studio Canal
Sorti le 21 février

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