Review : Assassin’s Creed Revelations
28.11.11 _ par Geek Staff / catégorie: Play, Review

La dernière partie du voyage sanglant d’Ezio Auditore Da Firenze, qui rejoint pour l’occasion le prodige Altaïr. Un teasing alléchant qui a fait languir bien des fans de la franchise d’Ubisoft. Mais face à une licence qui porte les ambitions qu’on lui connaît, de nombreux facteurs entrent dans le champ d’analyse : qu’en est-il de ses mécaniques de jeux ? Profite-t-on de vraies nouveautés ? porte-t-il bien son nom ?
Ezio Auditore Da Firenze est de ces personnages charismatiques du jeu vidéo. Le savoir-faire de ses créateurs l’ont propulsé au rang des héros qui comptent. Mise en scène épique, bonne modélisation, un vieillissement dont les stigmates s’observent et s’entendent. L’assassin a toujours profité d’un soin particulier, dont le principal et non des moindres a été de lui consacrer trois volets dans la série Assassin’s Creed. On a vibré pour son histoire. On a aimé le diriger. Introduit avec Assassin’s Creed 2, le défenseur des libertés a été retrouvé dans l’opus Brotherhood, et le revoilà pour Revelations, dans une aventure qui fait directement suite au magnifique trailer qui lui fait bonne pub. C’est reparti pour un tour, avec un homme qui a gagné en maturité avec sa cinquantaine d’années.
QUE SE DÉVOILE TA NOUVELLE VIE
C’est dans une nouvelle cité que l’aventure se déroule, sur fond de complots, de trahisons, et d’assassinats. Les templiers, sous les capes des Byzantins, œuvrent toujours à leur grand Projet, tandis que les Assassins, misant sur le cheval Ottoman, travaillent toujours au leur. Encore une fois, le décor de jeu ouvert est remarquable. Le moteur graphique tient bon, et les tons ocres dont est recouverte la ville aux multiples niveaux lui donnent un aspect unique. Rapidement découverte en son entier, elle donne libre cours aux exactions et cabrioles expertes de notre bon Ezio, qui n’est pas ici pour son ordre mais se laisse entraîner par un élan de fraternité.
Quelques nouveautés émaillent ce nouveau contexte. Un crochet, spécialité locale, qui est un peu le couteau suisse de l’assassin autochtone. Il sert à tuer, à glisser sur les tyroliennes, à crocheter. Les bombes, que l’on peut modeler à loisir en associant les différents éléments pour des usages bien précis. Les repaires templiers, qui remplacent les tours Borgia en requérant de tuer le chef et allumer le feu sur la tour attenante, mais poussent un peu plus le système de notoriété. En effet, lorsque celle-ci est trop élevée, les sbires du temple attaquent pour récupérer leur bien, qui était possession des Assassins. Ce qui donne lieu à un mini-jeu à l’intérêt contestable. La défense étant plutôt ardue dans sa dernière phase, elle inciterait plutôt à rester discret pour être évitée, ce qui est un bon principe dans le cadre du jeu. Cependant, la défense étant facultative et le refus d’y participer n’ayant pas d’incidence, cette propension à devenir une ombre parmi les ombres retombe bien vite.
À L’EST, RIEN DE NOUVEAU
Du reste, on retrouve les échoppes à reconstituer, la gestion de la confrérie, des missions qui se ressemblent beaucoup dans le fond et toute la panoplie de bonnes idées introduites avec le second opus de la série, que ce dernier volet ne parvient pas à égaler en matière d’apport, puisqu’il ne s’agit pour Revelations que de peaufiner l’existant, pousser plus loin la logique d’un gameplay qui commence à montrer ses limites.
On subit par ailleurs quelques erreurs de conception frustrantes. Lorsque ce n’est pas un garde qui vous reconnaît dès le moindre mouvement alors qu’on porte une tenue rigoureusement similaire à la sienne, c’est une arbalète inaccessible lors d’une mission qui demande de tuer des gardes discrètement, alors qu’elle est autorisée l’instant d’après comme celui d’avant. Une façon bien illogique, sans la moindre explication pour la justifier, de rétrécir les options du joueur.
DESMOND ET MERVEILLES
Plus de drapeaux à décrocher des toits, mais des fragments d’Animus, ouvrant progressivement les portes de la mémoire du brave Desmond Miles qui a compartimenté ses souvenirs, avec une relative aide extérieure. Puzzle Game à la sauce Portal, on doit voyager dans des pièces hallucinées pour glaner les éléments de son histoire, et en apprendre davantage sur ce qui a conduit l’individu aux événements que l’on connaît.
Pourtant, il manque des informations, et la révélation finale n’arrive pas complètement. On a certes une fin acceptable pour Ezio, mais celle de Desmond, indissociable, n’est qu’une ouverture vers la suite, voire une intro. Si on peut comprendre la nécessité de préparer le terrain pour les prochains épisodes, il y a comme un sentiment de frustration au bout du chemin, malgré l’aboutissement de l’épopée italienne.
On retrouve comme promis l’ancêtre Altaïr, mais de façon relativement trop anecdotique. Quelques passages courts qui sont autant d’occasions d’en apprendre plus sur la vie de celui qui nous a initié à cette geste éternelle. De plaisantes occasions, cela va de soi, car c’est un plaisir de revenir sur les origines et arpenter de nouveaux les terres de Masyaf, en vivre l’évolution. Mais on aurait préféré un ratio plus équilibré entre les deux Assassins. Si l’âge d’Ezio et ses conséquences sont rendus avec un tas de petits détails qui mettent en exergue le soin qui y a été apporté et se découvrent avec le temps, on aurait voulu en apprécier les substilités plus longuement pour Altaïr.
Bien entendu, la fin du jeu en solo est digne de son déroulement. C’est amené de façon théâtrale, savamment mis en scène, montant progressivement en tension jusqu’au point d’orgue. On a de vraies réponses à quelques questions. Mais il en manque au moins autant : sans donner tous les détails, puisqu’on sait que d’autres épisodes suivront, un juste milieu entre la totalité et ce que l’on a dans cette itération aurait été agréable.
TEMPLIERS – ASSASSINS, UNE CARRIÈRE DE CHOIX
Le multijoueur, plus solide encore qu’à son arrivée il y a un an, livre de son côté une copie remarquable. Scénarisé, 10 modes de jeu, 9 cartes, 16 personnages au total, il est toujours aussi stressant, et d’autant plus plaisant. En la matière, c’est conforme à ce que l’on attendait, et même mieux. Cette qualité nous amène presque à penser qu’Assassin’s Creed deviendrait un bon jeu multijoueur auquel s’associe une courte campagne solo pour la forme, à la sauce Call of Duty. Ce qui serait sâcrément dommage au regard de ce qu’est la série actuellement, et le potentiel qu’elle peut encore développer.
BILAN : C’est toujours un plaisir de jouer avec Ezio, surtout lorsque ces retrouvailles sont également celles d’Altaïr. En apprendre un peu plus sur l’univers créé par Ubisoft est aussi enthousiasmant. Cependant, et peut-être en raison d’une attente trop élevée, d’un gameplay qui atteint ses limites, voire d’une certaine timidité des développeurs par peur de froisser une formule qui plaît, Assassin’s Creed Revelations aurait pu faire mieux. Évidemment, il reste un jeu très agréable, qui pris indépendamment ne souffre pas de gros reproches. Il est complet, possède un bon contenu, la composition est impeccable. C’est, en définitive, un bon jeu que tout amateur de la saga se doit d’obtenir. Les fans de la première heure risquent néanmoins de finir sur un léger sentiment de déception.
David Ridel
Note : 75 %




[...] Ezio Auditore Da Firenze est de ces personnages charismatiques du jeu vidéo. Le savoir-faire de ses créateurs l’ont propulsé au rang des héros qui comptent. Mise en scène épique, bonne modélisation, un vieillissement dont les stigmates s’observent et s’entendent. L’assassin a toujours profité d’un soin particulier, dont le principal et non des moindres a été de lui consacrer trois volets dans la série Assassin’s Creed. On a vibré pour son histoire. On a aimé le diriger. Introduit avec Assassin’s Creed 2, le défenseur des libertés a été retrouvé dans l’opus Brotherhood, et le revoilà pourRevelations, dans une aventure qui fait directement suite au magnifique trailer qui lui fait bonne pub. C’est reparti pour un tour, avec un homme qui a gagné en maturité avec sa cinquantaine d’années. –> La suite sur le site original [...]