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Platinum End : Le retour des rois

Peu de mangas ont réellement transcendé le genre et eu un rayonnement à l'international, même auprès des néophytes, aussi important que Death Note. Et quelques années plus tard les deux auteurs Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, remettent le couvert avec Bakuman, qui aura permis aux lecteurs de comprendre un peu plus le métier de mangaka et le monde de l’édition au Japon. Alors autant dire que leur nouveau manga, Platinum End est attendu comme le messie.

Chef-d'oeuvre de plus ou réelle déception ?

Mirai est un garçon taciturne, plutôt moyen en tout et qui n'a plus grand intérêt pour la vie. L'histoire démarre au moment où celui-ci décide d'en finir complètement et se balance du haut de son immeuble. Au moment de toucher le sol, il est sauvé in extremis par un ange, Nasse, qui lui annonce de but en blanc qu'il a été choisi pour faire partie des 13 candidats au poste de Dieu. Rien que ça !! Pour y arriver, Nasse offre à Mirai des ailes, une flèche rouge qui permet de contrôler une personne et une flèche blanche ayant le pouvoir de tuer sa cible. Il n'est pourtant absolument pas intéressé par la déité mais se voit obliger de participer sous peine de terminer "sa chute".

Si en apparence, on peut se dire que le duo de génies a décidé de se lancer sur le terrain des mangas de baston, il en est en réalité tout autre. Les combats font finalement plus appel à la matière grise des personnages plutôt qu'à leurs muscles. C'est le style qui a fait le succès de Death Note et ça c'est cool. Et en parlant de Death Note, on retrouve également le thème principal de l'utilisation du mal pour faire le bien mais en plus approfondie. Sans rentrer dans les détails pour éviter tout spoil, la question que nous pose le manga est "A-t-on le droit de tuer quelqu'un pour le bien de l’humanité ?"

Le scénario dans son ensemble est super bien foutu, l'attention portée à chaque personnage est impressionnante. Ils ont tous leurs propres motivations et leur caractère particulier. Et chaque fois que l'on a l'impression de tomber dans la facilité les auteurs arrivent à nous étonner. L'exemple le plus marquant est celui du "héros". Ce style de personnage aux envies suicidaires n'est pas très original en fait, surtout depuis quelques années mais là où Mirai est différent c'est qu'il a déjà tranché, sa décision est prise, il va mourir.

Les auteurs en profitent également de Platinum End, pour mettre un tacle, volontaire ou non, à tous les "Survival Game" qui foisonnent et qui sont de qualité très inégale. Ils donnent un enjeu vraiment plus important que la seule vie des protagonistes à ce jeu. Ils se battent pour le bien de l'humanité ou pour le pouvoir d'un dieu, selon les candidats.

Pour ce qui est des dessins, les planches sont somptueuses. D'année en année, les dessins d'Obata sont de plus en plus sublimes. Et les superlatifs manquent pour exprimer ma pensée. Ils ressemblent d'ailleurs à ceux de Saiko, le dessinateur dans Bakuman.

Pour conclure, Platinum End est, pour le moment, un poil en dessous des autres. Le thème abordé, le traitement apporté à l'ensemble et les dessins sont vraiment super mais la ressemblance avec Death Note est dommageable car on se sent obligé de faire la comparaison. Il reste tout de même un excellent manga, digne d'être lu.

Disponibilité : Depuis le 25 mai

Éditeur : Kazé

Prix : 6,99€

STAFF
Notre peuple vaincra

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