On fait le bilan. Part 2.

-Blazblue, petit encas en attendant Super Street Fighter IV à la fin du mois d’avril. © D.R.

Après God of War III et Infinite Space, nous poursuivons nos lignes comptables avec Blazblue et Resonance Fate, avant de finir en beauté ce soir avec… Pokémon. Et ce n’est pas un poisson du 11 avril.

Blazblue
Peu de jeu de baston 2D ont réussi à nous faire décrocher de Street Fighter, toutes époques confondues. À vrai dire, un seul a réussi à se dresser comme rival sérieux grâce à sa 2D cartoon, sa galerie de personnages crétins et ses annonces de combat metal, c’est Guilty Gear. Disparu sur console New Gen pour laisser place à Blazblue, qui s’il fallait le présenter serait un peu à GG ce que SFIV est à Street Fighter, avec un geste un peu plus audacieux chez Arc System Works que chez Capcom parce que tout le cast original est ici remplacé.
Le seul défaut de Blazblue finalement, c’est justement d’avoir transformé cette collection de personnages qui restaient bien japonais tout en étant relativement passe-partout et charismatiques par des combattants dont le look sera pour certains beaucoup trop indigeste dans leur signature cosplay androgyne baroque. Les couleurs criardes et les inspirations guerrières romantiques sont donc de rigueur chez un casting pas super étoffé et dont on ne débloquera aucun nouveau venu. Heureusement pour les plus frileux, on trouve tout de même une fille se battant en pyjama de chat, une espèce de robot ninja assez classe et surtout Arakune, symbiote polymorphe aux allures d’araignée molle et aux coups cauchemardesques qui permettront de se faire quelques modes Story à la narration très audacieuse et contemplative. Ceux qui ne sont pas repoussés par un déploiement de panoplies plus kitch les unes que les autres (ce qui est dans le contrat finalement donc dur à attaquer) s’en prendront plein les mirettes.
Parce qu’à côté de ce point noir relatif, Blazblue est le digne héritier de son aîné : son esthétique de dessin animé est toujours aussi classe et raffinée, ses présentations à base de métal symphonique et d’imagerie gothique vous mettent dans le jus en 6 frames, les combats sont fluides et les specials, sans faire appel aux effets spéciaux de SFIV sont toujours éclatants (surtout avec Arakune).
Note : 81 %
Super SFIV sort bientôt, mais on préconise plutôt de découvrir cette superbe alternative que de jouer à la nouvelle version d’un jeu qui n’a même pas eu le temps de vieillir, quitte à aller découvrir son complément de distribution plus tard.

Resonance of Fate
C’est vraiment dommage qu’il faille un mastodonte comme Final Fantasy XIII pour qu’émerge un jeu comme Resonance of Fate qui on peut l’imaginer, ne serait jamais sorti hors du Japon si quelqu’executive occidental bien intentionné ne s’était pas dit qu’il y avait moyen de surfer sur la déferlante de Square Enix avec un RPG japonais AOC.
L’injustice qui frappe le jeu est double : non seulement il va passer complètement inaperçu à cause de l’ombre de monstre qui le précède, mais en plus, il est bien plus passionnant que ce dernier.
Le jeu met en scène trois
chasseurs de prime errants dans une tour volante gigantesque, surplombant la terre noyée dans les dégâts de la pollution. On y a pas encore assez joué pour avoir compris tous les tenants et aboutissants des trois larrons (une figure de père et deux gamins, l’un ayant sauvé l’autre du suicide) mais on y a assez joué pour avoir été scotchés et happés par la propositionde Tri-Ace. Systèmes de combats ultra dynamiques, riches et tactiques. Exploration singulière et curieuse louchant du côté du puzzle game. Univers prenant ses racines à la même source qu’ un Final Fantasy certes, mais possédant une touche poétique qui lui est propre. Écriture super vive, personnages charismatiques au look un poil moins fantasque que ceux de la série Square Enix, le jeu de Tri-Ace est impeccable même si évidemment graphiquement il est un peu en deçà du dernier FF. Mais le truc c’est qu’il est bien plus innovant tout en étant aussi bien huilé dans ses rouages qui demanderont autant de réflexion que d’implication au joueur. Nous on préfère largement ça à l’idée de devoir appuyer sur le même bouton à longueur de combat en attendant de se prendre une volée de bois vert avant de pouvoir rappuyer sur le même bouton. Deux fois pour faire de la variété.Non, Resonance of Fate est aussi riche dans son gameplay qu’il est foisonnant dans son système de micro-gestion (parce qu’ici ce ne sont pas les personnages qui évoluent, mais leurs armes) et roublard dans son écriture. Un excellent jeu donc, qui se paie le luxe de se dresser au-dessus du dégoût que certains peuvent ressentir devant un RPG japonais pour offrir un bon jeu, tout simplement.
86 %
Final Fantasy XIII était inattaquable du point de vue de sa production mais offrait une expérience de jeu assez chiante. Resonance of Fate offre quant à lui une expérience ludique hyper intéressante. Et c’est plus important.

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