Les emodroids de Spike Jonze
19.04.10 _ par Geek Staff / catégorie: Cinéma, Review
-Les robo-bobos de Spike Jonze mis en boîte devant le centre pompidou. © D.R.
Rendons à César ce qui est à César. Ce truculent jeu de mot était le titre d’un maxi de V.L.A.D., producteur d’electronica français auquel on devrait s’intéresser de plus près. Peut-être plus tard. Mais il présente tellement bien I’m Here, le nouveau court-métrage de Spike Jonze qui lui a été commandé par Absolut qu’il fallait le lui emprunter. Loin de nous l’idée de critiquer le mécanisme image pratiqué par les marques désireuses de se faire mousser en faisant les mécènes désintéressés pour des artistes adoubés par la hype, c’est lundi, nous sommes de bonne bonne humeur ce matin. Nous nous contenterons de dire que le film est aussi chouette que l’organisation des projections est fun.
En gros, Jonze met en pratique les techniques qu’il a apprises sur les Maximonstres pour raconter une histoire d’amour brisé, évoquant beaucoup son clip pour les Daft Punk. Ici, l’homme chien new yorkais est remplacé par un robot à la tête de PC tunée
(on doit dire bolidé maintenant…) avec des yeux de Furby, errant dans Los Angeles jusqu’à ce qu’il trouve l’âme sœur. Conte cruel de l’amour post-moderne, la belle histoire vire rapidement à la tragédie onirique façon Écume des Jours et, à la fin de cette jolie demi-heure, vous pourrez peut-être admettre qu’un robot en carton vous a fait pleurer. Challenge assez balaise à relever. Dommage que Jonze continue de faire preuve de la sensibilité musicale d’un publicitaire ringard.
Les séances du film que vous pourrez voir sur un joli site dédié dans une HD à la compression irréprochable sont organisées de manière à ce que vous puissiez inviter vos potes de Facebook à venir le voir avec vous à un horaire donné et le mater simultanément, chacun devant son écran, afin d’en discuter ensuite devant un coca virtuel. Rigolo, surtout qu’en prenant place dans la salle, vos friends présents vous feront coucou en exhibant le ticket qui pend autour de leur cou. À signaler également que, du 17 au 29 mars dernier, le film était projeté dans un container transformé en salle de cinéma, installé sur le parvis du Centre Pompidou à Paris. Ce container deviendra nomade au cours de l’été voyageant de vile en ville à travers la France. Une expérience fun, joli film, c’est le printemps !
Note : 83 %
Jonze revient à ses première amours en proposant un petit court joliment fabriqué. On ne sera pas aussi cléments avec Absolut et leur manière assez méprisable de se la péter.


