Le retour de la vieille Asgard

-Mads Mikkelsen joue One-Eye dans Valhalla Rising, un guerrier viking muet. © D.R.

Les Vikings sont à la mode. Depuis Le 13e guerrier, transposition “réaliste” de la légende de Beowulf (mélangé aux souvenirs du voyageur arabe Ibn Fadlan), c’est une vague de films qui débarque sur nos plages. Outre les trois autres adaptations de Beowulf (dont une -Beowulf & Grendel- assez réussie avec Gérard Butler et Stellan Skarsgârd) et quelques opus de série B (Pathfinder, dispensable), c’est surtout à travers Valhalla rising – le guerrier silencieux, ainsi que le futur projet Gibson/di Caprio ou le Thor de Kenneth Branagh (promis tous les deux pour 2011) que les hommes du Nord revivent.

On est loin de l’image dorée bâtie notamment par le film les Vikings de Richard Fleischer (1958) où des barbares joyeux, rigolards et pillards s’amusaient à couper les nattes des femmes avec des haches de lancer, histoire de tester leur fidélité conjugale (non, n’essayez pas ça chez vous). Valhalla rising dépeint plutôt une époque sombre, une sorte d’Aguirre septentrional ou un Apocalypse Now médiéval, dans lequel des hommes s’étouffent dans leur propre espoir de rédemption. Une œuvre sensorielle où le silence en dit plus long que tous les discours. Plus qu’un film historique, le guerrier silencieux est un projet métaphysique formidablement réussi, digne de Kubrick, où les hommes du Nord servent plus de prétexte que de trame de fond.


Pour retrouver la réalité viking, il faut plutôt se pencher sur Yggdrasill, un jeu de rôle paru chez 7e cercle qui prend pour décor les mythologies scandinaves. Plongeant au coeur de l’âme viking, il propose aux joueurs d’accomplir leur destin (personnifié par des runes) et de composer, à travers leurs aventures, leur propre saga. Très bien renseigné, magnifiquement illustré (l’écran est sans doute le plus beau paru depuis une vingtaine d’année), promis a un beau suivi question suppléments (le premier, Les 9 mondes est prévu pour la fin mars), ce jeu vaut le détour et permettra à tous de réveiller le barbare couvert de fourrure qui sommeil en lui (mode Manowar on).
William Blanc

10 commentaires sur “Le retour de la vieille Asgard”
  1. Major ThreatNo Gravatar

    « Plus qu’un film historique, le guerrier silencieux est un projet métaphysique formidablement réussi, digne de Kubrick, où les hommes du Nord servent plus de prétexte que de trame de fond. »

    L’émission Frisson Break l’a plutôt trouvé beau, mais chiant (surtout sur la seconde partie). Confirmez-vous ? Parce, pour moi, ces deux qualificatifs me font rentrer en rage hulkéenne…

  2. DudeNo Gravatar

    FAUT ARRËTER LES COMPARAISONS A KUBRICK dès qu’on voit un peu d’exigence absolue dans un film. D’abord parce que Kubrick n’est pas le seul et surtout parce qu’on l’a BEAUCOUP TROP ENTENDU ! Suffit Kubrick, casse toi. « Ouais, mes cinéastes préférés c’est Kubrick et Scorcese » et après ???? Je crois que c’est un Robin des Bois qui disait ça pour défendre son film et sa crédibilité de cinéaste. Et il n’est pas seul. Et c’est abominable. Kubrick et Scorcese sont des étendards qu’on dégaine dès qu’il s’agit de défendre l’authenticité d’un film. Merde.
    Bon sinon, un pote a très bien résumé le film : ce serait la quatrième saison de Kamelott réalisée par Gaspar Noé. En vrai, est-ce que c’est chiant ? Non. C’est lent, comme un Herzog ou un Malick (ouais je sais, je suis mal placé pour le citer lui vu ce que je viens de dire mais c’est toujours plus comparable à Malick qu’à Kubrick) mais c’est aussi beau que ces deux-là. Résultat, oui, on pique du nez, pas parce que c’est chiant, mais parce que le film est une invitation à ça, partir dans ce trip viscéral servi par une bande son extraordinaire. Qui réveille à coup de hache et permet de repartir de plus belle. C’est effectivement du Joseph Conrad viking et maintenant j’ai vraiment hyper envie de le revoir.
    Et si quelqu’un a un plan pour choper la BO qu’il s’exprime.

  3. Major ThreatNo Gravatar

    Pour ma part, je ne suis pas un méga-fan de Kubrick. Autrement, la citation est issue de l’article ci-dessus (et non de Frisson Break ;-) ).

    Si c’est trop lent (pas que je sois fan du film hyper-cut ou hypra speed), je ne pense pas que ça va m’attirer des masses même s’il y a tout un trip à l’arrière. A voir, mais peut être pas au ciné’

  4. DudeNo Gravatar

    Si justement, au ciné plus qu’ailleurs ! Fada !

  5. Bionic BoyNo Gravatar

    Critiquer la référence à Kubrick avant de citer deux lignes plus loin du Herzog ou Malick… alors que l’auteur du papier le compare à un Aguirre nordique… en fait vous êtes justes d’accord les mecs !

  6. féemousseNo Gravatar

    C’est nul aucun cinoche prés de chez moi pour me rincer les mirettes de guerriers vikings …pfff c’est nul!

  7. DudeNo Gravatar

    On n’est pas d’accord sur le fait qu’on puisse citer Kubrick comme référence exclusive dès lors qu’on parle d’un film maîtrisé. Heureusement que je sais que Positif sont des bouffons sans culture, et que le projet et le réal m’excitaient assez sinon la citation près de l’affiche du guerrier silencieux m’aurait fait fuir. Citer Kubrick en parlant d’un film, c’est un tue l’amour pour moi. Aussi définitif que 2001. D’abord pour le film. Et ensuite pour le critique (sorry William, jte kiffe xxx). Herzog et Malick sont peut-être pas les références les plus obscures du monde mais là si Herzog est cité, certes, on est quand même beaucoup plus proches du second que de Kubrick. Et encore, en partant de l’idée qu’il faille à tous prix citer une référence. Le film est assez bon pour pas en avoir besoin.

  8. Geeklemag sur Blogasty

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  9. Undead TraineeNo Gravatar

    Vu hier.
    Un peu trop métaphysique pour moi, et je dois sûrement manquer de références aussi. Si c’est un peu perturbant d’avoir un héros muet, ça doit l’être d’avantage pour l’acteur lui même qui n’a aucune ligne de dialogue.
    J’avais préféré Bronson, même si ça n’a joyeusement rien à voir.
    Néanmoins, je suis pas triste de l’avoir vu, à l’inverse de « 2001 l’odyssée de l’espace », cité ici.

  10. BigmouthNo Gravatar

    On avait déja comparé Nicolas Winding Refn à Kubrick avec son précédent film, Bronson, et pourtant aucune filiation possible, c’était creux et pas subtil pour un sou. Le Guerrier Silencieux c’est à peu près la même chose, y a de beaux plans, la bande son colle plutôt bien à l’atmosphère crespuculaire mais il se passe pas grand-chose, le trip métaphysique est lourdingue (les flashs à répétition, au secours) et l’ennui, c’est qu’on ne sait pas bien où on va, un peu comme un bateau perdu dans la brume.

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