Le paradoxe du bandit armé


Pourquoi au cinéma, et plus particulièrement dans le western spaghetti, le gentil dégaine toujours en premier ? Une question propre à alimenter les forums obscurs de geeks du Far West, mais dont la réponse nous provient d’une très sérieuse étude de la Royal Society de Birmingham.

Dans le western hollywoodien, le méchant empoigne le plus souvent son gun en premier mais est tout de même flingué par le gentil. Au contraire, il a été observé que dans le western spaghetti, le gentil atteint généralement son arme en premier, et remporte le gunfight.
Le physicien danois et prix Nobel Niels Bohr avait nommé cette énigme le “paradoxe du bandit armé
. Un casse-tête auquel ont répondu des chercheurs de Birmingham en Angleterre, après de nombreux tests en situation de duel. Ils affirment que l’exécution d’une action chez un individu se révèle plus rapide lorsque ce dernier réagit à un stimulus que lorsqu’il déclenche lui-même cette action. En l’occurrence, lorsqu’il s’agit de dégainer une arme, l’écart serait de l’ordre de 21 millièmes de seconde. Donc, le personnage voyant son adversaire empoigner son flingue devrait réagir plus vite et fumer le premier… Sauf qu’il faut au cerveau environ 200 millièmes de seconde pour enregistrer le fait que l’adversaire porte la main à son revolver. Le second demeure donc celui qui se fait descendre, même s’il a dégainé plus vite, mais quelques millièmes de seconde trop tard… Ce qui tendrait à dire que le western-spaghetti serait plus réaliste que son pendant américain.
Il faut bien que les scientifiques se marrent un peu mais ce n’est pas vraiment l’objet de cette étude. L’équipe menée par
le professeur Andrew Welchman cherche surtout à distinguer les processus cérébraux distincts qui commandent l’action et la réaction accélérée, ce qui permettrait de mieux appréhender les effets de la maladie de Parkinson. Ils sont déjà parvenus à montrer que les personnes atteintes par la maladie déclenchent plus rapidement un mouvement lorsqu’elles sont soumises à un stimulus. Ainsi un patient attrapera une balle plus facilement qu’il ne la lancera. Ces conclusions ont même été publiées dans le prestigieux journal de la Royal Society, les auteurs ajoutant même que “l’action planifiée” se révèle plus précise qu’une réaction à un stimulus. Quoi qu’il arrive, pensez à dégainer en premier.

Un commentaire sur “Le paradoxe du bandit armé”
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