La guerre du feu

-Ce n’est pas le 14 juillet, juste une pluie de FPS en ce premier trimestre 2K11. (Homefront) © THQ

Le succès interplanétaire des derniers Call of Duty a mis tous les éditeurs d’accord : les joueurs veulent faire la guerre à la première personne. Si on nous avait demandé, on aurait dit qu’il voulaient surtout jouer à Call of Duty mais comme on ne l’a pas fait, tout le monde a décidé de sortir un FPS, voire trois pour certains en ce début d’année 2011. Le genre étant ce qu’il est et s’adressant aux joueurs qu’ils sont, il ne fallait pas s’attendre à une fulgurance d’innovation. Et en fait, même si chacun d’entre-eux fait valoir son intérêt d’une manière ou d’une autre, beaucoup trop de jeux du même genre, empruntant des voies trop similaires, ça étouffe, forcément. Au joueur de voir s’il préfèrera tâter de tout ou s’attaquer à un seul titre. Auquel cas, voilà un aperçu rapide des détails qui font la différence.
Virgile Iscan

KILLZONE 3
Une review de Killzone 3 à la mi-mars arrive un peu en retard, mais le jeu de Sony est le premier à avoir ouvert le feu en février. Le troisième opus de la série ne dépareille pas vraiment des précédents épisodes. Le joueur se retrouve une fois de plus pris dans une guerre contre des proto-nazis communistes extra-terrestres. L’ambiance hérite directement de Gears of War. Ça défouraille dans tous les coins de décors riches, un contrat qu’était obligé d’honorer Sony puisqu’en plus de proposer un premier FPS HD jouable au motion controller (The Conduit existait déjà sur Wii), la PS3 crache toutes ses tripes en proposant de jouer en 3D sur un écran qui peut se le permettre. Après un petit temps d’adaptation, le jeu au Move s’avère convaincant. On n’a pas pu essayer la 3D, mais il est probable que tant d’action use le cerveau assez vite. Comme tout bon FPS de son époque, Killzone offre une campagne solo assez anecdotique contre un multi relativement complet. Et on s’en tiendra à cette définition aussi générique que le jeu lui-même, qui n’apporte pas assez d’éléments inédits pour qu’on s’y intéresse plus qu’un autre. À choisir donc pour profiter de la 3D et s’essayer au motion FPS.
NOTE : 73 %


BULLETSTORM
EA mise un peu toutes ses billes sur le FPS cette année. Bulletstorm précède des propositions plus sérieuses : Crysis 2, plutôt orienté SF techno et PC et Battlefield 3 pour un trip guerrier plus classique. Le positionnement de Bulletstorm, la nouvelle production Epic Games, est donc assez pertinente dans sa déconne décomplexée. Un esprit paillard assez proche du toujours excellent Borderlands et un gameplay rappelant plus un Vanquish qu’un Gears à la première personne, à cause de l’efficacité de ses glissades. Bulletstorm met le joueur dans la peau de Grayson Hunt, mercenaire de l’espace qui après s’être rebellé contre son puissant client finit par se crasher sur une planète dont il essaie de s’échapper, ayant à faire à la faune post-apocalyptique locale et l’armée du client en question. Buddy game complètement con, Bulletstorm a le bon goût – attendu, certes, mais plutôt agréable vu les productions qui l’entourent – de ne pas se prendre au sérieux et d’offrir un gameplay où plus il y a de damage, plus le score est bon. Un trip à l’ancienne donc, où on ne fait qu’aller tout droit pour finir le jeu à coups de lattes, de fouet laser et d’armes à feu diverses projetant les ennemis sur les pièges les plus vicelards. Solo et multi proposent le minimum syndical mais avec son esprit 2000AD, Bulletstorm est celui qui ici a remporté les suffrages. Une occasion à se faire donc si on tient absolument à se faire un FPS et qu’on est trop impatients du retour de Duke Nuke’em qui sortira ce printemps et dont Bulletstorm partage beaucoup l’esprit.
NOTE : 76 %

HOMEFRONT
Homefront ramasse un peu au niveau mécanique à côté des deux jeux cités plus hauts mais il a un nom derrière lui qui fera tourner la tête du fanboy le plus acharné : John Milius. En effet, le réalisateur de Conan a signé le scénario de Homefront sans trop se casser la tête néanmoins puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’une mise à jour de l’Aube Rouge, classique du cinéma pop-corn dérangeant du milieu des années 80 dans lequel un groupe de résistance s’organise dans une banlieue ricaine à la suite de l’invasion des Rouges. Ici, il s’agit de la Corée du Nord, et c’est bien la seule différence. Le look aussi : ici Patrick Swayze ne porte pas de bandana rouge (mais les prisonniers, eux, ont tous un drapeau rouge sur les yeux). Autrement on retrouve les personnages, les décors, voire les événements du film. On pourrait attaquer l’idée de l’invasion coréenne comme l’Aube Rouge fut montré du doigt à l’époque comme paroxysme du cinéma patriotique reaganien visant à nourrir la peur de l’autre si chère à la petite bourgeoisie américaine. Comme l’Aube Rouge était déjà un peu Z à l’époque, Homefront n’est pas à proprement parler mauvais mais il a quelques années de retard. Il attirera donc les curieux mais on les préviendra que le scénario principal de Milius offre moins que le minimum syndical en terme de durée. Heureusement, le multi pas original pour un sous mais plutôt bien fichu offrira au joueur de quoi résister assez longtemps, pris entre les cordes à linge et les backyards d’une petite banlieue pavillonnaire jusque-là bien tranquille.
NOTE : 67 %

Killzone 3
Editeur : SCE
Plateforme : PS3

Bulletstorm
Editeur : EA
Plateforme : PS3, 360, PC

Homefront
Editeur : THQ
Plateforme : PS3, 360, PC

2 commentaires sur “La guerre du feu”
  1. Spartan333No Gravatar

    Bulletstorm c’est du pur délire.
    Pour Homefront, je n’en attendais rien et je ne suis donc pas déçu…

  2. Geek AdminNo Gravatar

    La Call Of Duty mania rends les autres éditeurs bien jaloux :) Ils veulent sortir le FPS qui détrônera CoD, mais sa force réside aussi dans la taille de la communauté sur le multi, et pour ça les autres titres auront un énorme retard à rattraper…

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