La 3DS sort le même jour que l’iPad 2. C’est comme ça.
24.03.11 _ par Geek Staff / catégorie: Junk, Play

La première console portable next-gen est signée Nintendo. Même si elle ne se vend pas comme telle, force est de constater qu’avec un upgrade graphique conséquent qui la hisse au niveau d’une PSP – voire plus sur certains jeux grâce à son plus petit écran – et quelques fonctionnalités innovantes, la nouvelle portable de Nintendo s’ouvre à un marché plus adulte tout en conservant l’aspect ludique qui a toujours animé gameboy et DS diverses. Très excitante, hyper agréable à jouer, la 3DS n’est pas pour autant exempte de défauts. Petit tour du propriétaire de la machine et de ses premiers jeux afin de déterminer si le first day buy s’impose.
L’OBJET
La 3DS n’est pas XL. Même si elle est un chouille plus imposante que la DSi, elle se rapproche beaucoup plus de celle-ci que de la XL. Elle tient de fait bien dans une poche. Les deux couleurs de lancement sont noir et bleu (un turquoise assez kitsch mais pas désagréable). Cosmétiquement, la couleur est recouverte par une épaisse couche de plastique transparent, ce qui offre à la machine une prise à la lumière assez proche de la joaillerie de Barbie. Au niveau de l’ingénierie, elle est exhaustive : un thumb stick plus souple que celui de la PSP, un pad en croix, les 4 boutons de rigueur (vernis et un peu rigide… on préférait les boutons mattes précédents) et deux gâchettes. Elle propose évidemment un touchscreen (le même que sur la DS) et un accéléromètre/gyroscope. Autant dire qu’elle occupe le terrain et offre par la même occasion un outil de développement permettant d’aller dans tous les sens. Les boutons select/home/start sont placés sous l’écran inférieur sous une fine couche de plastique à laquelle on ne donne pas une grosse espérance de vie dans les mains d’un enfant, mais c’est une supposition. Après un mois d’utilisation intense, les nôtres n’ont pas bougé. On regrette que les boutons de volume de la DSi (XL) soient retournés à l’état de slider pas très précis. En revanche on apprécie que l’activation du WiFi se fasse maintenant par l’intermédiaire d’un bouton sur le côté de la console (le même genre de slider que la PSP). Le chargement peut maintenant se faire en posant simplement la console sur un socle relié au courant, une bonne idée qui s’avère payante à l’usage comme on le verra. Les écrans affichent une meilleure résolution, évidemment. L’écran supérieur brillant est particulièrement agréable même s’il est régulièrement marqué par le cadre qui entoure l’écran inférieur. Une faute que Nintendo aurait a priori pu éviter.
L’OS
Le nouvel OS de la DS est un des points forts de la console. Embarquant d’emblée un tas de petites appli permettant de profiter de la console sans même posséder de cartouche, il se présente comme celui de la Wii avec une ouverture au online rappelant celui des consoles HD. On pourra ainsi voir ses potes et les jeux auxquels ils jouent à travers un menu dédié ou le Mii Market Place qui permet d’activer l’option Street Pass. Une innovation conceptuelle qui s’avèrera conséquente pour peu que les utilisateurs s’en servent. En effet, le Street Pass est un mode de communication actif même en mode veille (et pensé pour fonctionner ainsi). Celui-ci permet, de base, de récolter les Mii des 3DS que le joueur croisera au hasard de ses promenades (locales et globales, le Street Pass n’est pas zoné) et d’activer ainsi certains mini-jeux qui débloqueront des accessoires pour Mii. Anecdotique mais assez ludique pour être excitant. La fonctionnalité s’applique aussi aux jeux qui en tireront partie. Elle est évidemment optionnelle mais assez fun et sécurisée pour qu’on l’utilise sans crainte. Au risque de se retrouver avec une dangereuse collection d’enfants. A l’avenir, il permettra aussi de télécharger automatiquement du contenu multimédia (une série de Shaun, le mouton de Wallace et Gromit, a déjà été annoncée) en passant près d’une borne dédiée. Un navigateur arrivera avec le prochain OS, mais on ne sait pas encore s’il s’affichera en 3D. A l’instar de la DSi, la machine embarque deux appareils photo. L’appareil interne n’a pas changé. En revanche, celui qui se trouve en façade permet de faire des photos en 3D. Encore une fois, anecdotique, mais extrêmement trippant, d’autant qu’on peut appliquer aux photos quelques effets assez psychédéliques à base de solarisation et négatif. Celles-ci sont sauvegardées sur un SD card (incluse) qui sert de disque dur à la console. Elle embarquera les sauvegardes, DSi Ware téléchargés (Nintendo a annoncé la mise en ligne des principaux titres de la ludothèque Game Boy…), fichiers son etc.
L’interface globale est configurable de trois manières (défilement horizontal ou en grille plus ou moins grande). Fluide et agréable, chaque appli sélectionnée affiche un logo mobile sur l’écran du haut qui s’excite quand on tapote le dos de la console. Un détail idiot encore une fois, mais qui humanise subtilement la machine.
LA 3D
Puisqu’il faut en parler. Oui, la 3DS est la première console qui propose de la 3D sans lunettes. Et elle est comment cette 3D ? D’abord elle est réglable grâce à un slider situé sur le panneau supérieur. La classe de certains jeux fait qu’on peut facilement s’en passer. D’autant que sa qualité varie aussi selon le jeu. Mais une fois activé, et bien exploité, l’effet est saisissant. Le spectre de vision 3D a beau être TRÈS limité (de fait il faudra choisir pour certains jeux entre accéléromètre ou 3D. Les deux n’étant pas compatibles à l’œil), ce sont surtout les spectateurs qui pâtiront de cette limitation. Le joueur lui, pour peu qu’il ne danse pas comme un Fraggle pendant qu’il joue, ne sera que rarement perturbé par des sautes de perception. Il lui faudra en revanche quelques heures de jeu pour pouvoir en profiter plus de 10 minutes. Au début, on sent que son cerveau n’a pas été formaté pour dissocier ses yeux. Mais la nature est bien faite et finalement, on se prend à désactiver la 3D plus par soucis de mouvements trop brusques ou d’économie d’énergie que de nausée vomitive. Ce qu’il faut retenir de la 3D, sur la 3DS, c’est que celle-ci fait figure de cerise sur un gâteau qui présente déjà très bien.
LA RÉTROCOMPATIBILITÉ
Est-ce que la 3DS lit les jeux DS ? Oui. Les lit-elle en 3D ? Non. Sont-ils plus beaux ? Non. Voire, certains sont plus moches. Notamment les jeux qui n’utilisent aucun anti-aliasing. Pour citer deux exemples récents, Okamiden passe parfaitement, voire mieux sur la 3DS. Pokémon en revanche, avec ses détourages de cochon, subit un traitement flouté assez vilain évoquant un upscale de mauvaise qualité. On s’y habitue vite, mais le retour à l’aspect certes pixellisé mais autrement plus crispy d’une DSi est douloureux.
LES BONNES SURPRISES
La communication sans fil beaucoup plus rapide que sur la DSi est un plus indéniable. La console est conçue pour tirer partie du jeu en ligne et ça se sent, que ce soit dans les jeux, les appli ou les réglages. Tout y est beaucoup plus fluide et mieux pensé. Si le Street Pass est assez amusant, il n’est pas aussi bluffant que les jeux de réalité augmentée, argument de vente en béton de la machine. Montrez le mini-jeu Chasseur de Têtes implémenté de base dans la console à une personne lambda (a.k.a. pas un geek blasé… quoi qu’on en a vu certains…), c’est la gloire assurée. Le principe est idiot : on prend en photo le portrait de quelqu’un. Celui-ci est instantanément transformé en tête volante et menaçante surgissant de toutes parts à 360° dans le décors qui vous entoure. Il s’agit alors de tirer dessus en appuyant sur A. Un shoot’em up rudimentaire aussi magique que complet puisqu’on peut débloquer 6 épreuves différentes à force de jouer et de collectionner les visages ennemis. Si vous dégainez ensuite les cartes RA, c’est le coup de grâce. Celle-ci permettent de faire apparaître des mini jeux de tir sur n’importe quelle surface en prenant en compte cette surface. Chaque réussite débloquera elle aussi des mini-jeux, notamment l’occasion de faire apparaître les légendes maison (Mario, Link, Samus, les Pikmin…) qu’on déplacera à sa guise dans le décor avec la possibilité de se prendre en photo avec. Super bien pensé, super fonctionnel, Nintendo ne fait que confirmer qu’ils ont le bon esprit extrêmement bien aiguisé. Surtout quand on réalise qu’on vient de passer deux heures avec sa console sans même y avoir glissé une cartouche.
LES MAUVAISES SURPRISES
L’incompatibilité 3D/accellèromètre, on était prêts à le pardonner. Le prix ? Passe encore, il n’est pas beaucoup plus élevé que le prix moyen des dernières portables sorties qui n’offraient pas autant d’arguments de vente. Le line-up de sortie ? C’est relatif. Le catalogue va rapidement gonfler et un jeu du line-up est une killer app définitive qui vaut 100 jeux moyens. Non, le point noir de la 3DS, c’est bien son autonomie. Nintendo a beau rassurer son monde : la batterie est facilement remplaçable, il y a un socle de rechargement… Non. Un appareil portable qui affiche trois heures d’autonomie, même si c’est à plein régime, c’est scandaleux. D’autant qu’une fois tous les réglages revus à la baisse, l’autonomie – sur notre console en tous cas – est à peine doublée. Et c’est en faisant tourner un jeu DS classique. Non, là-dessus, la 3DS fait mal. On a beau la poser sur son socle en rentrant chez soi, c’est, disons-le franchement, très indélicat. Surtout de la part de Nintendo qui a toujours su faire valoir l’autonomie de ses machines. On espère que d’ici peu, une batterie peu onéreuse viendra corriger cette erreur en offrant 6 heures de jeu à plein régime. Ce serait le minimum syndical.
LE LINE-UP DE SORTIE
Comme d’habitude dans ce genre d’occasion, pas la peine de feindre la surprise ou l’énervement, le line-up de sortie offre guère plus qu’une ludothèque de démos et d’inévitables plus ou moins intéressants. Nintendogs est-il fondamental ? Si vous ne rêviez pas de Nintencats et de rendu photo réaliste et que vous n’êtes pas une fille entre 5 et 10 ans ou un petit garçon en manque d’amis, non. Pilotwings Resort permet d’éprouver au mieux la 3D très bien travaillée à cette occasion mais l’expérience ludique est trop limitée. Ridge Racer ? Qui veut encore y jouer ? PES est maniable, limité parce que portable mais loin d’être désagréable à jouer. En revanche sa 3D fait saigner des yeux en quelques secondes. Super Monkey Ball est aussi cool que Super Monkey Ball mais à part le choix de jouer au stick ou à l’accéléromètre, il propose le strict minimum au niveau du service. Frustrant. Les sorties Ubi sont là pour marquer le coup.
Non, tout le line-up paraît bien terne quand on lui accole un jeu dont on se demande par quel miracle il peut encore nous exciter. Un jeu qui se hisse instantanément au panthéon des jeux de portable rejoignant les Mario Kart, Pokémon et autres New Super Mario Bros. Un jeu qui traversera les âges et les générations. Un jeu dont on vendra autant que de console (on est d’ailleurs surpris que Capcom et Nintendo n’en aient pas fait un bundle). Ce jeu, c’est évidemment Street Fighter IV 3D Edition. On n’a pas besoin de revenir sur les qualités du jeu original qui sont ici toutes présentes. En revanche la portabilité n’est même pas exemplaire. Elle fait preuve d’un soin et d’une exigence simplement remarquable. Que ce soit dans ses modifications qui feront grincer les dents des intégristes – coups spéciaux assignables au touchpad et vue dynamique derrière l’épaule – ou dans ses suppléments : collection de figurines addictive permettant au jeu de se battre seul en mode Street Pass, cette édition 3D est une célébration du plus grand jeu de baston du monde dans laquelle novice et vieux joueurs se retrouveront. Une admirable initiation à un genre et un passe-temps des plus scotchants avec son mode en ligne superbement implémenté et de fait, compétitif au possible. Il ne lui manque qu’un stick arcade sur lequel les deux éditeurs feraient bien de se pencher sérieusement. Un mini stick arcade pour DS ?… Nous, on en est !
Un remake de Zelda : Ocarina of Time, Steeldiver – un chouette jeu de sous-marin et le somptueux portage de Metal Gear Solid : Snake Eater arrivent bientôt. A la rentrée, le terrible Kid Icarus Uprising viendra gonfler les rangs des jeux intéressants en attendant la suite.
ALORS FINALEMENT ? ON L’ACHÈTE ?
Si vous vous posez la question, c’est que vous avez l’argent pour. Auquel cas, oui ! La magie de la 3D, de la RA, la possibilité de jouer à vos jeux DS et surtout de pouvoir cramer tout votre temps libre sur Street Fighter IV… Malgré son autonomie pourrie, la 3DS mérite le first day buy. C’est une console trippante et son OS tout comme le mode Street Pass en font probablement la console la plus friendly sortie à ce jour.
Virgile Iscan



Merci pour ce bel article intéressant, à priori sans parti pris et surtt bien argumenté.
Je fonce m’en procurer une dès demain!!
Bel article: présenté sans parti-pris, les points forts et les points faibles sont analysés avec précision et argumentation est étayé. De nombreux sites de jeu vidéo pourraient s’inspirer de la qualité rédactionnelle de votre travail.
J’attendais ce genre d’approche pour me décider et savoir si la 3DS pourrait satisfaire mes attentes. Grâce à vous, je sais que oui. Merci.
Merci pour cet article pertinent et bien argumenté. J’ai acheté la 3DS, en partie grâce à votre papier et je ne le regrette pas. Le jeu Pilotwings Resort est vraiment trippant, sans grande difficulté mais il est une excellente démo technique pour la 3D. Un plaisir que de jouer 3D relief sans avoir à débourser de grosses sommes pour une télé 3d et ses lunettes et une PS3!!
Alors là merci, ça fait plaisir ces commentaires !