Game of Thrones Genesis : l’hiver est arrivé
12.10.11 _ par Geek Staff / catégorie: Play, Review

-Passez d’ores et déjà à l’heure d’hiver grâce à la Garde de Nuit. ©D.R.
Après les romans, point de départ de l’univers dépeint par George R. R. Martin, le jeu de plateau, le jeu de cartes, et récemment la série télévisée, le jeu vidéo est enfin disponible. Prêt à entrer dans le jeu des trônes ? Surveille bien tes amis, enfile l’armure, et fais un pas. Les puissants feront le reste…
C’est donc au studio francilien Cyanide qu’est échue la lourde tâche d’amener cette saga phare sur nos écrans d’ordinateurs, seule plateforme du jeu. Plutôt que s’emmêler dans l’écheveau complexe de la période couverte par les romans, les développeurs ont décidé de faire des bonds dans l’histoire du monde de Westeros, sans s’écarter du royaume dit des sept couronnes. Un bon choix qui évite au jeu de stratégie de périlleuses embûches, et qui permet au joueur de vivre quelques événements dont il a pu lire la résonance à l’époque de la guerre des cinq rois.
Comme avec tout jeu de stratégie, les premières missions se jouent avec peu d’unités, et précisément ici l’arrivée de Nyméria et son peuple Rhoynar. Les missions s’égrènent ensuite en délivrant progressivement davantage d’options tactiques et stratégiques. Rien de nouveau en la matière, chaque nouveau scénario insiste sur l’utilisation d’une unité particulière, le joueur progressant dans sa maîtrise du panel proposé, etc.
INUTILE DE CROISER LE FER
Ce qui en revanche fait de Game of Thrones : Genesis un STR original, c’est la nature de ses unités, nourrissant un gameplay fort adapté à la licence qu’il transpose. Des espions qui fomentent des alliances secrètes, des courtisanes que l’on envoie pour sceller des alliances fortes grâce au mariage, des émissaires pour s’assurer l’appui des cités et châteaux (sans oublier que le pacte peut être biaisé), des assassins, des filous pour provoquer des soulèvements populaires… Une bonne panoplie de bonshommes pour déstabiliser l’ennemi, et pas uniquement par la voie des armes. Game of Thrones : Genesis permet réellement de remporter la victoire sans que métal ne soit choqué.
OLD SCHOOL MALGRÉ LUI
Le titre est néanmoins entaché par quelques ombres à ce tableau idyllique. Les graphismes en premier lieu, qui portent les stigmates du temps, alors que le jeu vient de sortir. Quelques défauts techniques ensuite, à l’origine de bugs de collisions, visuels, ou de synchronisation sonore. La campagne solo ne devient finalement, malgré la bonne idée de départ, qu’un vaste tutorial pour le multijoueur et le mode escarmouche, qui permet de jouer contre la machine. C’est finalement le point le plus décevant, car avec l’histoire de cette franchise, on espérait davantage. La faute à un dirigisme trop contraignant, un manque absolu de répercussions de nos actes, et un manque de choix flagrant dans les options à l’intérieur des missions.
Bien que les facettes diplomatiques et sournoises du jeu aient été bien travaillées et mises en avant, la partie martiale a quant à elle été gauchement réalisée. Certaines unités ont bien l’avantage sur d’autres, mais les affrontements s’achèvent inlassablement dans une mêlée inextricable, la faute à l’absence de directives claires à donner à nos sujets.
NI POUR NI CONTRE, BIEN AU CONTRAIRE
Faut-il bouder Game of Thrones : Genesis alors ? Pas si sûr. Il faut le dire, ce jeu n’a rien d’un Total War sur le terrain du STR pur. Moins beau, moins précis et moins complet que beaucoup de concurrents sur le champ de bataille. Amateurs de grands conflits épiques, passez votre chemin. Ce n’est pas non plus un moyen de jouer les personnages que l’on aurait aimé incarner dans la saga principale, car les célébrités aperçues sont imposées dans la campagne. Néanmoins, Game of Thrones : Genesis exploite des stratégies extrêmement fidèles à l’univers de Martin, de surcroît de vraies originalités dans un jeu de ce type. Gagner une bataille sans lever d’armée est un attrait fort de Game of Thrones : Genesis qui, s’il fait râler dans un premier temps bon nombre de combattants virtuels dans la communauté multijoueur, en fait un jeu intriguant. Aux deux sens du terme. Le mode multijoueur est très bien conçu, et a de quoi retenir les apprentis Lannister pendant longtemps, tant les méthodes pour l’emporter s’avèrent nombreuses.
BILAN
Game of Thrones : Genesis est un trip de fan. Ce sera bien plus difficile de faire passer la pilule des défauts flagrants de ce titre pour celui qui ne se sera pas passionné pour la saga au préalable, sauf à le proposer à des amateurs de nouveautés plutôt tolérants en matière technique. Un lecteur assidu de Martin en revanche, aura plus de facilité à apprécier la dimension historique de la campagne, ou encore le gameplay multijoueur varié. Rien que pour ça, il mérite qu’on s’y attarde. Un résultat en demi-ton, qui comporte de très bonnes idées, auxquelles il manque un brin de finition. Voyons le verre à demi-plein : c’eut pu être bien pire…
David Ridel




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