Colorful : ascétique pas toc

-L’adolescence, c’est vraiment pas juste : même mort tu reviens au lycée.

Keiichi Hara est le réalisateur de l’épatant et néanmoins dépressif Mon été avec Coo. Une proposition bien singulière de mêler film social et cinéma de monstre. Dans Colorful, il ne demeure de Coo que le ton mélancolique et déprimant qui collait si bien à une histoire de monstre mais qui habille cette histoire de questionnement existentiel adolescent d’une couche de pathos dont le sujet n’avait pas forcément besoin davantage. De plus, la signature graphique de Hara fonctionnait dans Coo parce que le petit yokai vert hantait toutes les images. Ici, en demeurant humain de bout en bout, les limites pas toujours gracieuses de sa ligne ascétique apparaissent un peu plus. Reste une atmosphère particulière, à la frontière de l’onirique et du réalisme, qu’on ne croise pas dans tous les films, et encore moins dans les dessins animés. Ceci dit, quitte à choisir, Kazé (qui s’occupe du film) auraient dû offrir à Redline une sortie ciné et réserver à Colorful – qui ravira probablement plus les lecteurs de Télérama que l’hystérie mécanique du film de Koike – une sortie vidéo. C’eût été plus légitime et pas forcément moins rentable.
Virgile Iscan

Note : 66 % 

Colorful
Réal. : Keiichi Hara
Distribution : Eurozoom
Durée : 1h47
Sortie le 16 novembre

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