BONUS MAG : PRO GEEK AVEC SPARTH
14.12.10 _ par Geek Staff / catégorie: Play, Pro Geek

-Sparth@work@home, mais interdiction de shooter chez 343 Industries © Lorène Bouvier
Poutrer des monstres louches grâce à des armes démentielles dans un jeu vidéo, c’est bien. Encore faut-il pour y croire que quelqu’un imagine tous ces décors et créatures. C’est le job de Nicolas Bouvier, plus connu sous le pseudo de Sparth à travers ses travaux comme concept artist sur Alone in the Dark 4, Prince of Persia, Assassin’s Creed, ou encore le nouveau Rage, et ce en attendant les prochains Halo.
Concept artist, un métier de geeks pour les geeks que nous vous invitons à découvrir dans la toute nouvelle rubrique Pro Geek de notre dernier épisode S02E06 actuellement en kiosque.
Une vocation qui débuta avec un papier et un crayon : “Vers 16 ans, mes professeurs de dessin me voyaient déjà intégrer une école d’art, au point où ils étaient plus convaincus que moi !”. Un choix de carrière qui au début est difficilement accepté par son père, PDG d’Eiffel construction – il s’est notamment occupé du Viaduc de Millau – et qui voyait plutôt son fils suivre ses pas et s’intéresser à l’architecture. “Très vite, la question ne s’est plus posée vu que je n’arrivais pas à aligner deux chiffres en maths, du coup le domaine artistique représentait la seule porte ouverte et question architecture, dans un sens, c’est ce que je crée tous les jours, c’est la base du concept design.”
Comment j’ai dit non à Ridley Scott
Concept artist aguerri dans les jeux vidéo, Sparth garde toujours un œil averti du côté du cinéma. “En dehors de quelques productions de jeu comme Ico, le jeu vidéo ne fait pas encore le poids comparé à des Aliens ou Blade Runner. Tout est encore si nouveau dans le monde du jeu.” Mais si le dessinateur avoue sa préférence pour la pellicule, il a pourtant repoussé les avances d’Hollywood, notamment celles de Dreamworks et Ridley Scott. “La raison principale pour laquelle je n’y travaille pas, c’est la constance. Avec trois enfants, je n’ai pas le profil pour enchaîner des productions aux quatre coins du monde et je n’ai pas envie que mes enfants souffrent de cette situation.” Le cinéma, Sparth y a quand même déjà goûté sur l’adaptation de Vingt Mille Lieues Sous Les Mers, un projet de Christophe Gans développé avant Le Pacte des loups. Une expérience pleine de souvenirs, “Christophe Gans nous racontait sa vision du cinéma pendant deux heures tous les matins, et rien que pour ça, cela valait la peine d’être vécu. Je me souviens aussi de murs de studio remplis d’originaux de Vatine et de Druillet”. Avec pour terrain de jeu actuel l’univers d’Halo, qui sait, Sparth pourrait finalement se retrouver plus vite que prévu au cinéma si jamais ce surdoué de Neil Blomkamp se décide à se remettre sur cette adaptation.
En attendant le grand écran, Sparth a tout de même trouvé un moyen d’exposer son travail en plus du Net, en publiant un art book, Structura, regroupant ses travaux dans le jeu vidéo ainsi que ses œuvres personnelles. Cerise sur le gâteau, le livre compile également les couvertures aux lumières si particulières de Sparth, réalisées pour de nombreux romans de science-fiction en France et à l’étranger, comme la saga Dune, pas mal pour un travailleur de l’ombre.
Sébastien Floc’h



Un bonhomme très talentueux.
Je jetterai un coup d’oeil à l’artbook si je l’aperçois en librairie… Si jamais, je peux m’arranger pour qu’on me l’offre en cette période de fêtes !