Battlefield 3 VS Modern Warfare 3 : la guerre des guerres

-Non il ne s’agit pas d’images du braquage des galettes de Call of Duty à Créteil la semaine passée…

Chaque fin d’année, le cortège de gros jeux déferle, le canonique Call of Duty ne manquant jamais l’appel, toujours intraitable dans son domaine : le FPS militaire avec option plein les mirettes. Cette année cependant, le champion doit faire face à un challenger qui en a dans le fusil : Battlefield 3. Verdict ?

MODERN WARFARE 3
A tout seigneur tout honneur, et par égard pour les indécrottables aficionados de cette série sans fin, c’est de celui-ci dont on va parler en premier. Reprenant les événements là où on les avait laissés il y a tout juste un an, on retrouve donc Soap, Price, et quelques autres intervenants qui ne tardent pas à intégrer le casting.
La formule ne change pas d’un pouce : gameplay similaire en tout point, recette classique comprenant l’alternance de héros, la mise en scène hollywoodienne, le patriotisme exacerbé, les QTE. Modern Warfare 3 est donc une suite qui ne déroge pas aux règles que la franchise a elle-même fixées, y compris dans le nivellement par le bas de la difficulté : rappel qui va bien, “vous êtes blessé, mettez-vous à couvert”, alors que l’écran est déjà rougi et que la respiration est forcée, ou encore l’option “baisser la difficulté” dans le mode pause.

C’est toujours meilleur à plusieurs
Comme on pouvait s’y attendre, la campagne solo qui clôture cette trame n’est pas bien longue, moins écourtée toutefois que la précédente. Des vagues d’ennemis pas très brillants mais pas complètement stupides, des graphismes qui commencent à faiblir mais fournissent le minimum syndical, des américains courageux, parangons de vertu qui sauvent le monde aux quatre coins du globe, bref une campagne pas vraiment mémorable mais qui ne pousse pas au suicide. C’est donc assez rapidement que l’on découvre le multijoueur, certainement le cœur d’un CoD aujourd’hui.
De ce côté, peu de choses à critiquer. Les graphismes ne changent guère mais le jeu profite du savoir-faire de ses développeurs en matière de guerre massive et le frame rate reste au top, quel que soit le moment et les effets impliqués localement. Ce compromis assure donc à Modern Warfare 3 une fluidité exemplaire sur les maps relativement nombreuses qui ne manqueront pas d’être complétées par les futurs, et de plus en plus incontournables, DLC.
S’amoncelle la série de modes en ligne habituels, classiques mais toujours efficaces. Deathmatch en équipe, Domination, Mêlée générale & consorts. Quelques nouveautés, voire rectifications dans certains cas, allongent néanmoins la liste des atouts de Modern Warfare 3 dans les affrontements dans des cartes qui, pour le coup, conservent leur exiguïtés.

Tuer plus pour gagner plus
Activision a entendu le souhait de la communauté d’en finir avec les Killstreaks, qui gratifiaient les meilleurs tueurs de bonus leur permettant de… tuer davantage. Dans la pratique, cette stratégie n’a pas totalement disparu, puisqu’il s’agit désormais de choisir entre plusieurs “packs”, plus ou moins offensifs, qui donnent droit à des hélicoptères, des tourelles, des predators, etc. À noter par ailleurs, et la chose est délicieuse, qu’il n’est pas nécessaire de faire du frag pour ouvrir les bonus. Les actions de soutien sont également comptabilisées, ce qui va dans le sens des joueurs moins individuels : on ne peut que s’en réjouir.
Avec cette édition, Activision se lance dans le regroupement communautaire avec son tout frais Call of Duty Elite, l’outil communautaire déroulant sa tonne de données statistiques, que ce soit pour sa team ou les autres joueurs, tout simplement. Avec le versement annuel d’une cinquantaine d’euros (49,99 € pour être précis, soyons mesquins jusqu’au bout des ongles…), les joueurs d’Elite auront accès à d’autres options, cela va de soi.
Pour en finir avec le multijoueur, on se réjouira du retour des opérations spéciales, à faire et à refaire entre amis en écran splitté. Un petit mode bien agréable disparu avec le précédent CoD, qui nous revient enfin.

BILAN : Call of Duty Modern Warfare 3 a donc pris au pied de la lettre l’adage qui dit que le mieux est l’ennemi du bien. Si sa recette reste efficace pour les amateurs d’envolée patriotique et de FPS décérébrants, il semblerait que l’aphorisme soit respecté stricto sensu une fois de trop. Non que le jeu soit foncièrement désagréable, car il aligne une série de bons points. Il manque en revanche un soupçon de nouveauté, de folie. Cet énième Call of Duty se repose trop sur ses acquis, et il en fini par devenir sans surprise. On ne ressent plus rien en parcourant ses champs de bataille.

Note : 80 %

BATTLEFIELD 3
Premier des deux à avoir été commercialisé cette année, le challenger du triomphant Modern Warfare est issu des entrailles du studio Dice, édité par Electronic Arts. Déjà mis en avant pour la destruction de ses bâtiments et ses conduites d’engins de guerre, la licence a mûri sa technique, pour s’imposer en adversaire de taille. Si ce Battlefield n’inquiètera probablement pas son concurrent s’agissant du volume de vente, la qualité du titre, elle, a de quoi le faire frémir.
On commence bien évidemment par jouer la campagne solo. On le sait, cette partie n’est jamais la plus grande réussite des FPS modernes, d’autant moins des FPS militaires. Il s’agit toutefois de se pencher sur les raisons qui nous poussent à nous tourner vers ce genre de jeu. La réponse est primordiale car si l’objectif est de vivre un film hollywoodien, Modern Warfare est certainement le plus approprié, malgré les tentatives de Dice de reproduire ce qui en fait un tel canon : QTE, cinématiques liberticides, alternance des personnages. Si, en revanche, c’est davantage la recherche de l’immersion dans la chose militaire, alors Battlefield 3 s’élève bien plus haut.

L’immersion exceptionnelle, le PC de plus belle
Les versions, pour le coup, sont notoirement inégales. Si le titre s’en sort vraiment très bien sur consoles une fois le problème de textures absentes résolu, c’est sur PC, notamment les PC récents, que Battlefield 3 livre son meilleur combat. En mode ultra, avec un kit son correct voire un casque 5.1 ou plus si affinités, c’est une simple tuerie. Les effets de lumière, de particules, la finesse graphique générale sont simplement exceptionnels. La réalisation sonore, souvent égale d’un titre à l’autre, est ici remarquable et sort clairement du lot.
Dans cette campagne solo, malheureusement courte comme le veut la tradition, on se plonge donc avec délice dans un bain de guerre qui nous donne vraiment l’impression d’y être, tout simplement. Attention toutefois, l’abus de guerre est dangereux pour la santé, et c’est le mal. Mais qu’est-ce que c’est bon sur Battlefield 3 !
Du pauvre soldat passant entre les balles qui sifflent à nos oreilles de fort belle manière en essayant du mieux qu’on le peut d’abattre les ennemis, on passe aux commandes d’un char, avec tout le plaisir qui s’y rattache, car ne l’oublions pas, le moteur frostbite 2 doté de l’excellence se permet en outre la destruction de ses immeubles et autres bâtisses gênantes. Puis c’est à bord d’un avion de chasse que l’on se retrouve, stupéfaits par le réalisme du dogfight. À la place du copilote, à choisir les cibles, on tourne la tête dans tous les sens, cockpit refermé, sous les invectives de notre pilote qui donne les ordres en réclamant leurres et ciblages. Le tout évidemment avec un rythme et la puissance d’une ambiance sonore redoutable, jusqu’au souffle progressivement plus saccadé et plus profond dans le casque de notre comparse.

Multijoueur émérite
Le multijoueur, au regard des différences évidentes qu’il suppose, ne peut offrir la même qualité graphique que sa contrepartie solo, vitrine du moteur graphique. Pour autant, il reste excellent en la matière, et pourrait facilement se targuer d’être le meilleur multijoueur à ce jour. Car en plus de montrer un visage gracieusement peaufiné, il donne lieu à quelques affrontements mémorables sur des cartes bien plus vastes que son éminent opposant.
Limité à trois modes de jeu, le multijoueur de Battlefield 3 ouvre la partie à 64 joueurs pour l’un d’entre eux, ainsi qu’une spécificité savoureuse : le mode Conquête, au sein duquel chaque équipe possède une quantité de tickets qui diminue à chaque réapparition. Il est donc vital de ne pas mourir bêtement, puisque chaque mort pénalise littéralement l’équipe. Ce parti pris rejoint la tendance générale : plus exigeant que Modern Warfare, Battlefield 3 demande de la rigueur, du sens tactique et un minimum de réflexion et de prudence avant de foncer sus à l’ennemi.
Ici aussi, les véhicules sont de la partie. On peut donc prendre en main un tank, un hélicoptère, un chasseur. Du bonheur en boite, comme la série sait le faire. On remarque par ailleurs que chacun des éléments a été parfaitement calibré, de sorte que les stratégies et tactiques réelles soient appliquées assez rapidement dans les parties en ligne : on ne fait pas le malin face à un char, mais celui-ci doit s’appuyer sur des équipiers mobiles, sous peine de finir en plaques de taules fumantes face aux malins équipés de lance-roquettes.

BILAN : Cette itération de Battlefield s’illustre donc, ne trahissant pas les espoirs placés en elle malgré une campagne solo trop restreinte au scénario certes un peu convenu. L’immersion proposée par le titre est simplement un modèle qui fera date. Engagez-vous, très peu de risque d’être déçu, pour peu que l’on apprécie la guerre virtuelle. Plein les yeux, plein les oreilles, à vivre absolument, sur PC résolument.
David Ridel 

Note : 90 %

Un commentaire sur “Battlefield 3 VS Modern Warfare 3 : la guerre des guerres”
  1. Review JV (Geek le mag) : Battlefield 3 VS Modern Warfare 3, la guerre des guerres | David Ridel.com

    [...] A tout seigneur tout honneur, et par égard pour les indécrottables aficionados de cette série sans fin, c’est de celui-ci dont on va parler en premier. Reprenant les événements là où on les avait laissés il y a tout juste un an, on retrouve donc Soap, Price, et quelques autres intervenants qui ne tardent pas à intégrer le casting. La formule ne change pas d’un pouce : gameplay similaire en tout point, recette classique comprenant l’alternance de héros, la mise en scène hollywoodienne, le patriotisme exacerbé, les QTE. Modern Warfare 3 est donc une suite qui ne déroge pas aux règles que la franchise a elle-même fixées, y compris dans le nivellement par le bas de la difficulté : rappel qui va bien, “vous êtes blessé, mettez-vous à couvert”, alors que l’écran est déjà rougi et que la respiration est forcée, ou encore l’option “baisser la difficulté” dans le mode pause.  –> La suite sur le site original [...]

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