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Avengers Assemble, 2008-2012

Difficile de ne pas sortir extasié d’Avengers après avoir assisté au Grand Rex ce samedi à un marathon qui enchaînait tour à tour les six films de la très ambitieuse initiative entreprise par Marvel pour transposer un des piliers de leur mythologie sur grand écran. Entamé par un surprenant Iron Man en 2008 dont le post-générique jouissif avait annoncé en grande pompe le master plan de Kevin Feige, responsable du développement audiovisuel de Marvel depuis 2007, l’Initiative Avengers – citée telle quelle dans le film finalement – est couronnée d’une réussite presque à chaque fois renouvelée doublée d’une audacieuse intelligence cinématographique. Faisons un bref compte rendu du rapport intelligence/réussite des cinq films précédents avant de nous attaquer au final tant attendu. V.I. 

2008 – IRON MAN

Audacieuse intelligence : 80% Faire appel à Jon Favreau, connu pour sa bonhommie, ses amitiés tentaculaires tant dans le milieu indé que mainstream, voilà une fort audacieuse et intelligente idée. Favreau est plus connu pour la comédie que le film d’action, mais il sait diriger ses comédiens, a le sens de la réplique, et pouvait de fait maîtriser Robert Downey Jr., un autre choix aussi malin qu’audacieux connaissant le passif du bonhomme.

Réussite : 80% Là où il pêche pour ses scènes d’action un peu molles, le Iron Man de Favreau réussit brillamment là où on n’attendait pas forcément un film de super-héros : des dialogues incisifs merveilleusement exécutés par des comédiens à donf. Favreau arrive à insuffler à Iron Man tout le “cooool” et le “chiiiiiilllll” d’un indie flick californien. Prenant, réjouissant, offrant le post-générique le plus excitant de l’histoire de la trollerie, le film de super-héros prenait soudainement une nouvelle dimension.

2009 – L'INCROYABLE HULK

Audacieuse intelligence : 20% Ang Lee s’était déjà attaqué à Hulk quelques années plus tôt. Sa vision était trop singulière pour offrir une simple suite à son film et l’intégrer dans la saga Avengers. Après coup, on se dit que quitte à ce qu’Eric Bana dans le film de Lee se fasse remplacer par Edward Norton dans cette version, puis que Norton se fasse remplacer par Mark Ruffalo dans Avengers, il aurait peut-être mieux valu s’en tenir à la vision de Lee parce que choisir Louis Leterrier qui bénéficiait d’une micro hype à l’époque, c’était pas l’idée la plus brillante du monde. Le réalisateur du Transporteur n’est qu’un Yes Man incapable d’apporter sa patte à une entreprise qui n’attend que ça.

Réussite : 40% Visiblement, l’idée de Leterrier est plus de rendre hommage à la série 70's qu’à n’importe quel esprit comic book ou mythologie Marvel dans laquelle il est sensé inscrire son film. Résultat ? Un Ed Norton fallot qu’on a transformé en Bill Bixby, des emprunts à la série, des séquences molles, une histoire d’amour désolante. De leur côté, William Hurt et Tim Roth ont l’air de beaucoup plus s’amuser et au final, le combat contre Abomination et Hulk est plutôt cool à la revoyure. Heureusement, la bestiole hurle un HULK SMASH salvateur pour clore le film mais après ça, même le post-générique semble extrêmement fatigué.

2010 – IRON MAN 2

Audacieuse intelligence : 80% ou 0% Auréolé du succès du premier film, quelqu’un a dû se dire que vu que l’Initiative Avengers prenait son envol, ce serait bien de refaire Iron Man sous stéroïde. On a donc probablement adjoint à Favreau une équipe qui gèrerait les séquences d’action en lui disant de bien se lâcher sur le reste. C’est pas très audacieux, ni forcément très intelligent, mais ça permet d’être cohérent.

Réussite : 50% Fini l’aspect un peu indie cool du premier Iron Man. Le film est à l’image de War Machine - qui y fait son apparition après un subtil effet d’annonce dans le premier, même si Terence Howard est remplacé par Don Cheadle dans le rôle de Rhodey Rhodes -  à savoir : une putain de machine de guerre comparé au svelte Mark III. C’est bien lourdaud, mais ça demeure assez pop et les acteurs toujours aussi impliqués dans le film allègent un peu la recette bien formatée qui a le mérite d’introduire de belle manière Scarlett Johansson dans le rôle de la Veuve Noire. Et surtout MJOLNIR après son générique !

2011 – THOR Audacieuse intelligence : 100% Après avoir débarqué Matthew Vaughn – ce qui n’est pas plus mal vu sa réussite sur les X-Men – Marvel a l’idée brillantissime de faire appel à Kenneth Brannagh, LE réalisateur shakespearien par excellence. Audacieuse décision que celle-ci puisque Brannagh n’a jamais réalisé de film de cette envergure, c’est un putain de “théatreux”, mais justement, ce côté déplacé sied parfaitement au ton de la série dont chaque épisode doit avoir un langage propre.

Réussite : 80% On est d’abord décontenancé par Thor. Ce mélange de mythologie cosmique et d’humanité désoeuvrée (le film se déroule dans une bourgade du Nouveau Mexique où une bande d’étudiants épaulée par un aliéné qui se prend pour un Dieu est en prise avec une organisation gouvernementale top secrète avant de se faire attaquer par une entité cosmique) est un peu incohérente au premier abord mais rend finalement parfaitement hommage à l’esprit Marvel. D’autant que Chris Hemsworth, complètement inconnu au bataillon, joue parfaitement la dualité tragi-comique de son personnage. On rit beaucoup dans Thor et malgré la vision un peu kitsch d’Asgard, on kiffe l’ouverture cosmique qui se présente à nous. Cosmos que l’on retrouve dans le post-générique avec l’arrivée du cube cosmique. Now, we’re talking.

2011 – CAPTAIN AMERICA Audacieuse intelligence : 50% Joe Johnston. Ouais. Ce fils spirituel de Spielberg et de Lucas, c’était pas trop con de le mettre aux manettes de Cap Am, The First Avenger. Ça permettait de faire un film pulp, de rendre hommage au Golden Age des comics. Pas trop con, non, mais pour l’audace, on repassera. Parce que Joe Johnston est un mec qui plaît aux gens de plus de 50 ans (ouais, désolé si vous en avez 20 et que Captain America vous a plu, posez-vous des questions, mais on a déjà la réponse : vous êtes vieux). Le choix de Chris Evans dans le rôle-titre reste quant à lui assez mystérieux… pourquoi être allé chercher le mec qui avait déjà joué La Torche dans les calamiteuses adaptations des 4 Fantastiques ? Il est bien, y a pas de problème, mais quand même… Par rapport à l’histoire des comics, pourquoi pas, La Torche et Cap Am ayant été créés presque conjointement. Mais on ne peut pas croire que les executives aient tenu compte de trivia aussi pointus.

Réussite : 40% Captain America n’est pas foncièrement raté. Il y a même de bonnes idées post-modernes dans le film – comme l’utilisation première du personnage à des fins propagandistes et les vrais comics qui y apparaissent. Puis il y a Hydra, Crâne Rouge, les prémices des pouvoirs cosmiques, des membres des Howling Commandos de Nick Fury à l’époque où il était encore Sergeant Fury puis putain, y a même Union Jack sous son vrai nom qui n’est cité qu’au générique. Il y a donc de quoi s’amuser. Et pourtant on s’y ennuie un peu. La mise en scène old school sied au projet, ok. Mais si on était des hippies, on dirait qu’il est pas “super vibrant”. Et le post-générique, ben, on aurait bien aimé un truc un peu plus cool que des images brouillonnes du film dont on savait tous qu’il arrivait. Un truc qui défonce quoi.

2012... Avengers, coming tomorrow

       
CHRISTIAN UNG
Force et Hodor

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