À quoi je vais jouer cet été ?
16.06.11 _ par Geek Staff / catégorie: Play, Review
-Eh Mario, il y a d’autres moyens de se tourner les pouces cet été : un pad en main par exemple. © Nintendo
Le fait que les serveurs de jeu se fassent dramatiquement attaquer et que Games of Thrones prenne une tournure absolument tragique doivent-ils nous empêcher de jouer ? Non.
Nous on joue -on a joué pendant le bouclage- et certains jeux incontournables ne sont pas arrivés à se hisser dans les pages du magazine. Dans le numéro à paraître dans les prochains jours, vous retrouverez Child of Eden (dont Ubi a bien fait de ne pas nous montrer la terrifiante ouverture. Ça ne flingue pas le jeu mais c’est un barrage de kitscherie à peine revendiquée à surmonter absolument), Dynasty Warriors : Gundam 3 et le roublard Shadows of the Damned dont la note sera publiée sur le blog le 23 juin, embargo oblige. Quid de L.A. Noire, Duke Nukem Forever, Infamous 2 ou encore le très surprenant Red Faction : Armageddon ? Les voilà, reviews flash et notes à l’appui. Assez pour vous donner une idée si vous attendiez encore pour savoir quel jeu allait partir avec vous en vacances à côté de Zelda : Ocarina of Time qui s’impose déjà sur 3DS.
Virgile Iscan
LE ROCK(STAR), LE SOIR, C’EST L.A. NOIRE
Pas forcément la peine de ressituer le contexte du nouveau jeu de Rockstar développé par la Team Bondi. L.A., Ellroy, la police, les enquêtes, tout a été dit il y a presque un mois à la sortie du jeu, au point qu’à part le plaisir égotique de donner notre avis sur le jeu, a priori, ou bien vous avez déjà le jeu et vous avez votre propre avis, ou bien vous ne l’avez pas et vous savez pourquoi. Bref. On est très contents que Rockstar tâte à d’autres genres que le bac à sable décérébré à la GTA, on avait trouvé Red Dead Redemption absolument réussi, mais L.A. Noire s’avère beaucoup plus bancal sur quelques points. Il n’en demeure pas moins un bon jeu. Son problème se situe surtout dans son ambition d’offrir une peau neuve à deux genres -le point & click et le jeu d’enquête- en tirant partie de la technologie offerte par les consoles HD. Et sur ce point, la Team Bondi se plante. Les recherches d’indices sont dans le fond aussi statiques que dans un jeu d’il
y a 20 ans et les séquences d’interrogatoire laissent trop de place à l’aléatoire si on ne s’en tient qu’à l’observation des attitudes des personnages interrogés. On arrive vite à ne se fier qu’à son carnet dont on n’est pas dupes de l’utilisation : c’était la même sur Amiga. Le travail sur l’ambiance est parfait, c’est un plaisir de jouer avec Aaron Staton et ses mimiques idiotes mais on sent l’équipe de développement trop soucieuses de ses références et son envie de créer un film interactif pour ne pas se lasser vite des promotions successives de l’agent Phelps. Dans le genre, Heavy Rain offrait autre chose qu’un jeu, mais il le revendiquait. Ici, on est constamment le cul entre deux chaises et ce déséquilibre nuit perpétuellement à l’expérience dont les quelques phases d’action semblent avoir été posées là pour respecter le cahier des charges.
NOTE : 77 %
LE KING BAT DE L’HAIL
Quand Randy Pitchford, le boss de chez Gearbox avait présenté Duke Nukem Forever cet hiver à Paris, il avait presque la larme à l’œil. Pour lui, Duke est une figure marquante et son souhait de faire vivre 3D Realms assez longtemps pour qu’ils puissent aboutir l’ultime opus de leur licence culte était une mission qui en valait mille autres. Autant dire que cet accouchement tardif est le produit d’une belle histoire d’amour à laquelle le joueur qui attendait l’événement depuis 14 ans est chaleureusement invité… Mais l’autre, qui n’a que faire des aventures sous testostérone de ce croisement de Chuck Norris et Roddy Piper, n’y trouvera pas forcément son compte. Duke Nukem Forever a beau proposer des répliques savoureuses et des situations complètement débiles, il n’en reste pas moins le produit d’une action de mercenaires dont la mission était de finir un jeu coûte que coûte pour le plaisir de quelques nostalgiques et dans
l’optique de faire date. Done. Le résultat ? Un FPS qui a les défauts de ne rien vouloir être d’autre que ce qu’il est (forcément décevant de la part des responsables de Borderlands qui demeure l’un des meilleurs et plus originaux FPS de cette génération) mais la qualité de pousser l’obscénité – graphique mais aussi ludique – dans des retranchements qui lui donne l’aspect d’un satire réac et féroce contre le genre. Dans ce sens, Duke Nukem Forever ressemble à ASS, le blockbuster qui apparaît dans le film Idiocracy de Mike Judge. Dans l’univers de ce manifeste situ-futuriste qui ressemble à s’y méprendre au nôtre, le plus gros succès de l’histoire du cinéma est un plan fixe sur une paire de fesses. Les seuls dialogues sont des pets. L’allégorie n’est pas très raffinée, mais est-ce qu’elle l’est plus que la merde qu’on nous sert à la pelle sur les écrans ? Ceux qui trouveront Duke Nukem Forever trop vulgaire, trop simpliste, trop con, trop vieillot ou tout simplement trop « c’est tellement moins bien que Modern Warfare » apprécieront à sa juste valeur l’engagement passionné de Gearbox.
NOTE : 65 %
L.A. NOIRE
Éditeur : Rockstar
Développeur : Team Bondi
Plateforme : Xbox 360, PS3
Duke Nukem Forever
Éditeur : 2K
Développeur : Gearbox
Plateforme : PC, Xbox 360, PS3
À suivre demain, avec InFamous 2 et Red Faction : Armageddon.


